Item
Article
Bloc-notes du Mélomane
- Títol
- Bloc-notes du Mélomane
- Paris-midi : seul journal quotidien paraissant à midi
- Autor
- Le colleur d'affiches
- Matèria
- 1913
- Maria Barrientos Llopis. Cantant
- París
- Editor
- París
- BnF. Gallica
- Data
- 06/05/1913
- pages
- 2
- Font
- Digital
- Drets
- Domini públic. Bnf. Gallica
- Resum
- Encore une Société. Elle se consacre aux « Concerts de chant classique ». Il y a un mois on en aurait souri: depuis quelques semaines on n’a plus envie d’accueillir légèrement un tel effort. Il y a quelque chose de change dans le royaume du Danemark. Une femme passa… on peut bien la nombrer maintenant qu’elle n’est plus là… c’est la Barrientos qui a fait tout le mal ! En écoutant cette merveilleuse machine qui de neuf heure à minuit fabriquait des sonorités cristallines avec une perfection et une aisance toute mécanique, en regardant voler dans les airs ces notes qui battent des ailes, scintillent comme des étoiles et se balancent au-dessus de l’orchestre comme des lucioles, les debussystes les plus enragés devinrent rêveurs. On s’est trop facilement moqué des joies du « bel canto »: en réalité nous ne le connaissons pas et ce ne sont pas les Caruso et les Farrar qui peuvent prétendre à nous en révéler les bienfaits. L’espagnole Maria Barrientos est sans doute la dernière héritière des rossignols italiens et il faut avoir étudié attentivement son chant pour comprendre ce que nous avons perdu. Certes, il ne s’agit pas de pleurer sur les vocalistes, roulades et cocottes d’antan: en nous en submergeant la Rosine catalane nous a guéri de ce regret et nous a prouvé une fois de plus que nous ne sommes plus faits pour ce genre de plaisanteries musicales: mais nous avons compris que nos meilleurs chanteurs ignorent l’art de servir de deux poumons, d’un larynx et des cordes vocales. Wagner fut un grand coupable en brisant les voix de ses interprètes et en autorisant ses successeurs à mépriser les ressources de cet instrument délicat. […]